jeudi 19 février 2009

Journée à rallonge (encore une)

Le lendemain matin, nous avions eu comme consigne de ne pas nous laver le visage, de ne pas mettre de crème ou ni de boucle d’oreilles. C’était très rassurant, de plus Stig nous faisait en plus plein de blagues car il adorait apeurer les touristes. Nous ça nous a fait rire 10 secondes, car on avait bien peur de mourir gelés.

Nous avons fait 15 minutes de voiture avec Stig qui ne regardait pas la route. Il voulait nous montrer plein de trucs et nous avons même vu un aigle dans le ciel (il était géant). C’était superbe mais un chauffeur roulant à 100 km/h sur une route enneigée et sans regarder devant lui: ça nous a fait monter l’adrénaline (et puis le pare brise fêlé ça nous encourageait encore plus).



Il s’est arrêté au milieu de nulle part et je me suis dit que j’étais incapable de retrouver mon chemin seule. Nous étions perdus dans la forêt.



On nous a prêté des pantalons de compétion contre le froid et de très grosses chaussures. J’ai commencé à me sentir mieux car mieux protégée (avec des vêtements qui ne ressemblaient à rien, mais efficaces). A partir de ce moment ça n’a été que du bonheur.

Nous sommes montés à 8 sur une sorte de carriole, attachée à une motoneige. A tour de rôle, Stig nous a montré comment conduire. En attendant, les autres et moi étions installés dans la carriole. Cela ressemblait à un manège de parc d’attraction, ça allait vite et on voyait le paysage défiler devant nous. Le chien noir de Stig était confortablement installé sur mes genoux et avec le froid il devenait de plus en plus blanc. Quand ce dernier a eu froid il s’est mis à courir à côté de nous.







C’était génial : les paysages magnifiques. Nous étions en pleine nature avec un grand sentiment de liberté et d’espace. Je ne sais pas comment expliquer ça. Lorsque j’ai conduit la motoneige, je me sentais puissante, pouvant aller partout (Stig m’a demandé d’aller moins vite car j’avais oublié les 7 autres personnes dans la remorque). Je veux garder ça en mémoire toute ma vie.

Quand nous sommes arrivés au campement, j’ai vu un lac gelé et des huttes. C’était super beau et il fallait garder les yeux bien ouvert pour ne pas en perdre une miette. Mais ce n’était pas facile car le champ de vision est sacrément réduit avec le bonnet, l’écharpe, la capuche et nos cils complètement gelés (il ne fallait pas fermer les yeux sinon on ne pouvait pas les rouvrir !!!). En même temps pour rien au monde je n’aurais quitté mon attirail contre le froid qu’auriez-vous fait à -35°C ?

Ils ont bien fait de nous dire de ne pas nous laver le visage car voici le résultat après quelques heures passées dehors : j'ai pris 20 ans et mon mascara est tout blanc !!!



Voici nos habitations vues de dehors.



Voici une hutte, c'était trop kitsch : la porte était recouverte de fourrure à l'intérieur.



Voici la cuisine, avec le réfrigérateur naturel (pourquoi payé l’électricité ?).





Dans le campement, il y avait des rennes comme il y aurait pu y avoir des vaches dans un champ. Ils étaient paisiblement installés dans leur enclos. J’ai eu la chance d’aller leur donner à manger (ça m’a rappelé mes vacances à la ferme quand j’étais petite), les rennes s’éloignaient quand on arrivait sauf un qui me faisait super peur avec ses bois).



Je ne vous parle pas des toilettes !!! Enfin si parce que ça vaut le détour. C'était une cabane au fond jardin, avec à l'intérieur juste un trou avec une cuvette en bois par dessus. Cela sentait vraiment mauvais à l'intérieur et on mettait une heure à y aller (20 min pour s'habiller, 20 minutes pour se déshabiller et 20 min pour se rhabiller). Ce qui est drôle c'est que quelqu'un a perdu son gant dans le trou : personne n'a voulu aller le rattraper !!! C'était le calvaire d'aller aux toilettes, même si on utilisait une sorte de protège en mousse qui était stérilisée par le froid, ça sentait trop mauvais pour moi, je me suis jamais aussi sentie citadine.

La première chose que nous avons eu à faire à été de couper du bois. Il fallait que nous scions le bois et non pas que nous le coupions à la hache (pour qu’il ne se consume pas trop vite). Cela nous a pris du temps, mais c’était amusant et sain comme activité sportive. Avec Liesje la belge, je me suis démenée. Heureusement il y avait des courageux !! Merci à Philippe et Bernard qui nous ont bien aidé. En fait on avait tellement peur de mourir de froid dans la forêt que ça nous a donné de l’énergie.





Papa, je t’entends déjà me dire que si j’aime ça je peux le faire à ta place à la maison !!!

Après le travail de bucheron, nous avons fait un tour. C’était tellement calme et beau. C’était apaisant et en même temps on sentait le climat très hostile. Nous étions à coté d’un lac et d’une rivière, mais comme tout était gelé on ne voyait pas les limites. Nadine (l’allemande) a eu sa jambe qui est tombée dans un trou (la glace avait cédé), heureusement qu’elle est vite rentrée à la hutte, qu’elle a changé de pantalon et qu’elle s’est réchauffée. J’ai eu très peur.

Cela ne nous a pas empêché de faire plein de choses :

- des balades : ah tiens on a trouvé des voisins à 15 min de marche !!!









- des montagnes de chaussettes



- un barbecue avec des saucisses immondes et de la purée Mousseline (pourquoi cette chose a traversé les frontières ?)



- Certains on pu faire du pain polaire (moi j’avoue je suis tombée comme une masse et j’ai fait une bonne sieste)



- des jeux de gamins dans la neige




- de la pêche sous la glace (pas très efficace le glaçon d’asticot)





Le soir quand on a été bien fatigué, après le repas (toujours du renne préparé par Stig), je suis allée me coucher. Il y avait aussi des chinoises avec nous, on ne les a pas entendu parler de la soirée sauf quand Cécile a osé dire qu'on était pas à l'aise. Là les chinoises se sont réveillées et on a bien rigolé de voir qu'on avait les mêmes inquiétudes !!!



Nous avons eu la chance de dormir dans la cuisine, avec lui. Qui peut se vanter d’avoir dormi avec un Sami, qui est revenu tout nu du sauna !!!
J’ai regretté 10 minutes de ne pas aller au sauna, mais mon corps me disait « non, il fait trop froid n’enlève pas tes vêtements pour aller te rouler dans la neige après ».
J’essaierai de le faire mais pas à -34°C, perdue dans la forêt avec un Lapon tout nu !!!

Quelle journée !!!

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